
Dans beaucoup de logements anciens, la cuisine est fermée, éclairée par une petite fenêtre sur cour, parfois par aucune. Pour y faire entrer le jour, on pense d’abord à abattre la cloison qui la sépare du salon. Il existe pourtant une solution intermédiaire, qui laisse l’essentiel de la cuisine en place : conserver le bas du mur et remplacer sa partie haute par une verrière en acier et en verre.
Ce que l’on perd en abattant le mur
Contre le mur qui sépare une cuisine fermée du salon, on trouve souvent les meubles bas et leur plan de travail, les meubles hauts, des prises électriques, parfois l’évier ou la hotte. L’abattre oblige à redessiner la cuisine, à déplacer des prises et des conduits, à trouver ailleurs le rangement perdu et, souvent, à refaire une partie de l’agencement.
Une fois le mur tombé, la vaisselle du jour et le bruit de la hotte entrent eux aussi dans le salon. Certains foyers recherchent cette ouverture complète. D’autres veulent seulement de la lumière et préfèrent garder une limite entre les deux pièces.
Garder le bas, vitrer le haut
Le principe consiste à conserver un muret à la hauteur du plan de travail, ou un peu au-dessus, et à poser la verrière entre ce muret et le plafond. Côté cuisine, les meubles bas restent en place contre le muret, prises comprises. Le jour du salon entre par toute la partie haute. Depuis le canapé, un muret légèrement plus haut que le plan de travail cache aussi ce qui y traîne.
Cette solution a une contrepartie, puisque la verrière prend la place des meubles suspendus. Prévoyez de compenser ce rangement ailleurs, avec une colonne ou un îlot.
Vous pouvez aussi vous passer de muret et poser la verrière directement sur le plan de travail, ce qui dégage encore la vue. Celui-ci ne peut pas porter seul l’acier et le verre, et la structure doit donc être fixée en plus au mur ou au plafond.
Le mur porteur, à vérifier en premier
Avant de dessiner quoi que ce soit, faites vérifier si le mur est porteur. Seul un professionnel du bâtiment, ingénieur en structure ou entrepreneur, peut le dire avec certitude. Ouvrir un mur porteur reste possible, à condition d’installer une poutre dimensionnée par ce professionnel.
La position de cette poutre modifie la hauteur disponible pour le verre. Posée sous le plafond, elle forme une retombée que le dessin de la verrière devra intégrer. Encastrée dans l’épaisseur du plafond, elle laisse la verrière monter jusqu’en haut, mais les travaux sont plus lourds.
Le mur peut aussi contenir des fils électriques, une conduite d’eau ou un conduit de ventilation. Il faut les déplacer pendant les travaux d’ouverture.
Côté cuisine, les projections, les odeurs et le verre
Une verrière fixe posée sur le muret laisse passer la lumière tout en gardant la cuisine fermée. Les odeurs de cuisson et le bruit d’aspiration restent pour l’essentiel de leur côté, ce qu’une ouverture complète ne permet pas.
Si la plaque de cuisson ou l’évier se trouvent contre ce muret, le vitrage recevra des projections. Vous nettoierez plus facilement un verre lisse. Si vous choisissez un verre texturé, demandez que sa face en relief soit tournée vers le salon. Pour l’entretien courant, un chiffon microfibre légèrement humide suffit sur l’acier comme sur le verre, et il vaut mieux éviter les produits abrasifs, le vinaigre et les nettoyants à l’ammoniaque.
Le projet vise la lumière, et le verre clair est celui qui en laisse passer le plus. Les verres texturés en retiennent davantage en échange d’une vue brouillée, ce qui se justifie surtout si vous ne voulez pas voir la cuisine depuis le salon.
La verrière, dernière étape du chantier
Les travaux d’ouverture passent avant la verrière. L’entrepreneur ouvre le mur, pose le renfort s’il en faut un et termine les bords de l’ouverture, une fois les réseaux déplacés. Le revêtement de sol doit lui aussi être posé.
Cet ordre tient à la précision de la fabrication. Le fabricant construit une verrière sur mesure aux dimensions exactes de l’ouverture, sans jeu à rattraper au moment de la pose. Des mesures prises avant la finition des murs ou du sol ne correspondraient plus à l’ouverture finale.
Chez COSTAL, fabricant québécois installé à Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal, une verrière cuisine est fabriquée au seizième de pouce près, soit environ 1,6 mm. L’équipe prend donc les mesures une fois le plancher posé et les joints tirés, puis remet un plan d’approbation avant de fabriquer la structure à la main dans son atelier. Aucune soudure n’a lieu sur place, puisque seuls les éléments d’acier et le verre sont installés chez le client.
Ouvrir une cuisine fermée n’oblige donc pas à choisir entre une pièce sombre et une cuisine exposée au salon. En gardant le bas du mur, vous conservez les rangements existants, pendant que la partie vitrée apporte le jour.



